Qu’est-ce qu’un atelier citoyen?

Petite analyse en réponse aux allégations avancées par l’Association « Les Robins du Marais » dans leur dernières newsletter.(http://www.lesrobinsdumarais.org/?p=1089)

 Samedi dernier, à l’occasion du forum des associations et de la démocratie participative, nous avons présenté la méthodologie de l’Atelier Citoyen « Bien vieillir » qui s’est déroulé au printemps dernier dans le IVème arrondissement.

 Un Atelier citoyen, sur le modèle des jurys citoyens qui ont déjà fait leur preuve un peu partout en France et en Europe depuis une dizaine d’année, est un groupe de travail se réunissant pour un temps donné (trois journées entières dans le cas présent) sur un thème choisi par les élus et animé par un groupe d’expert en participation citoyenne. Les membres de cet atelier sont des citoyens tirés au sort qui ont accepté de participer à ce travail dense et précis. Afin de préparer leur travail de groupe, des enquêtes et des auditions d’associations travaillant déjà sur ce thème a été opéré par les experts. Il s’agit d’une méthodologie très élaborée permettant non pas de donner des avis consensuels aux élus mais véritablement d’engager une réflexion profonde afin de préconiser une série de propositions aux élus qui jugent de leur possible mise en œuvre. Par ailleurs, au terme de ce travail nous avons choisi de faire travailler les membres de cet atelier à la co-production de leurs propositions. Des associations ont donc pu, en amont, donner leur avis, faire part de leurs réflexions et de leur travail, notamment sur des thèmes précis comme bien vieillir avec un handicape, avec la maladie d’Alzheimer ou autre.

 L’Association les Robins du marais regrette que cet atelier n’est pas intégré des personnes appelées je cite « des minoritaires : gays, handicapés,… » Je m’étonne grandement de cette formulation. Devons-nous demander à chaque citoyen son orientation sexuelle afin de tenir un fichier pour y avoir recourt à chaque tirage au sort ? Ne serait-ce  pas alors une pratique affligeante ? Plus encore, nous évitons de tomber dans les travers néfastes de tout communautariste. Par ailleurs, je ne comprends pas cette classification visant à stigmatiser un groupe de citoyen. Une personne handicapée, homosexuelle ou autre est un citoyen de plein droit à ce que je sache. Le tirage au sort permet une représentation juste de la population (parité, âge, répartition par quartier). Mais en aucun cas nous allons stigmatiser une personne pour ses orientations sexuelles ou autre. Je tiens à préciser par ailleurs que concernant le bien vieillir de personnes atteintes du VIH ou d’une autre maladie grave, des associations concernées ont été amplement consultées pour ce travail afin d’améliorer l’accueil et la prise en compte de toute difficulté rencontrée à partir d’un certain âge.

 Je tiens donc à déclarer qu’être citoyen responsable ne consiste pas à pointer du doigt des citoyens par rapport aux autres, que la politique mener part la ville de Paris depuis 2001 est une politique qui considère chaque parisien comme un citoyen de plein droit, y compris les personnes étrangères non communautaires pour lesquelles les conseils de quartiers sont ouverts et pour les sans-papiers auxquels nous apportons autant que faire ce peu un soutien légitime. Si la pratique du tirage au sort peu déconcerter certains, je renvois les lecteurs à différentes études menées sur la méthodologie des jurys citoyens utilisés aujourd’hui par de nombreuses municipalité afin de favoriser au mieux la participation des citoyens à la vie politique.

 La démocratie participative telle que nous la pratiquons dans le IVème arrondissement vise à multiplier les outils de participation : conseils de rue, conseil des quais, conseil de quartier, comité d’évaluation, atelier citoyen. Nous entendons ainsi toucher le plus grand nombre. Certes, chaque outil ne permet pas de réunir tous les citoyens. Mais en multipliant les formes de démocratie participative, c’est une manière de s’adapter au rythme de vie de chacun, de toucher des citoyens intéressé par un thème et pas un autre, de favoriser une participation plus vaste encore que la simple participation à un conseil de quartier. Aucun système n’est parfait, mais nous constatons que des citoyens toujours plus nombreux et très divers ont l’occasion d’avoir leur mot à dire et ainsi de faire vivre notre démocratie.

 J’ai envie de dire que plutôt que de mettre des citoyens dans des cases, nous considérons chaque citoyen avec son identité propre, ses handicapes, ses préoccupations, ses attentes comme partie prenante de la vie politique locale. Je suis heureux de voir que la pratique de la démocratie participative soulève des questions, des débats, des interrogations et qu’une association locale se saisisse de cette thématique. Pour autant, j’aimerai que les critiques s’accompagnent d’un véritable travail de fond, seul garant d’un débat politique enrichissant permettant de faire avancer la politique locale.

Publicités
Cette entrée a été publiée dans Non classé. Bookmarquez ce permalien.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s